vendredi 20 janvier 2012

Icône de Mode à Lyon



Exposition au musée des tissus de la Ville de Lyon jusqu'au 25 mars 2012
avec une conférencière passionnée : Anne Trémaud.



Des grands noms de la haute couture française ont offert des robes à la Vierge noire de la basilique de la Daurade à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, qui ont été bénies dimanche par l'archevêque de la ville.
Les huit robes de plus de 1 mètre de haut, dont les couleurs rappellent la Vierge (bleu et blanc) ou les différents moments de l'année liturgique - tels le vert et le violet pour le carême -, sont destinées à remplacer les riches parures offertes aux XVIIIe et XIXe siècle comme ex-voto à cette Vierge vénérée comme protectrice de la maternité.
Le couturier Jean-Charles de Castelbajac a confectionné une robe "battle-dress", aux couleurs d'une tenue de camouflage "des soldats de la Paix dont la Vierge est la protectrice".
Christian Lacroix a offert le dessin de son modèle, tandis que Franck Sorbier a présenté une robe de fête à l'éclat doré et Jean-Michel Broc une "robe de mai" et une "robe de Carême", cette dernière réalisée dans un tissu en viscose, matière issue de la transformation du "bois, produit de la Terre, notre mère à tous".
La collection a été complétée entre autres par une créatrice de Toulouse, Françoise Navarre, et des élèves d'un lycée.
L'évêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall, a souligné avant de donner sa bénédiction "le lien fort unissant l'Immaculée Conception apparue à Bernadette Soubirous à Lourdes et Notre Dame de la Daurade" à travers les couleurs choisies par la plupart des créateurs, le bleu et le blanc.


 le vestiaire contemporain de la Vierge noire de Toulouse

ici la robe confectionnée par JC de Castellbaljac pour la Vierge




 Les robes de la Vierge noire de la Daurade tombent en ruine. 

Dix grands couturiers ont été contactés pour la rhabiller



Les brodeuses d'autrefois ont disparu. Seul un grand couturier peut offrir une robe digne de cette Vierge Noire, qui fait toujours l'objet d'une grande dévotion. Photo DDM, Thierry Bordas.

Les brodeuses d'autrefois ont disparu. Seul un grand couturier peut offrir une robe digne de cette Vierge Noire, qui fait toujours l'objet d'une grande dévotion. Photo DDM, Thierry Bordas.





« Un bel hommage »
 La dizaine de membres qui a créé l'association de défense du patrimoine de la Daurade fait le pari de motiver les grands noms de la mode. « Ce serait un bel hommage d'offrir une robe haute couture à la mère de toutes les mères. Nous tenons le patron à la disposition des couturiers. Autrefois ce sont les fidèles qui finançaient les robes, brodées ici, à l'ouvroir ».
En 2008, la protection de la Vierge Noire est toujours sollicitée. Chaque deuxième dimanche du mois, le chanoine Baurier, curé de la Daurade, bénit des mètres de rubans. Ces bouts de « ceintures de la vierge noire » sont envoyés partout, parfois même à l'étranger, à la demande de femmes enceintes ou de couples qui espèrent l'arrivée d'un enfant.

Les fidèles réclament toujours des bouts de ceinture de la Vierge

Le culte de la Vierge Noire, particulièrement dédié aux femmes enceintes, remonte au Xe siècle et il est toujours bien vivant aujourd'hui. En 2007, 139 morceaux de ceinture de la Vierge, bénis, ont été demandés par des fidèles, en guise de talismans. 759 en tout entre 2004 et 2006. Parmi les quelque 8 000 visiteurs qui passent chaque année dans la basilique de la Daurade, beaucoup veulent voir cette statue de Vierge Noire, unique dans la région, qui est pourtant la deuxième copie d'une vierge brune, vénérée depuis le Xe siècle. L'original fut volé au XIVe siècle et reproduit à l'identique. Puis la seconde statue fut brûlée place du Capitole à la Révolution, en 1 799. La statue actuelle a été sculptée en 1 807 d'après les souvenirs de l'ancienne vierge brûlée.